posté le 07-04-2026 à 06:44:55
LES ÉLUS COEN, UN SYSTÈME maçonnique THÉURGIQUE

En 1767, l'Ordre des chevaliers maçons, élus coën de l'univers se sépara définitivement de la franc-maçonnerie française que Martinès avait en vain cherché à rectifier. Il se dota de statuts généraux et posa les fondements de son autonomie en constituant à Paris un Tribunal Souverain, organe suprême de l'Ordre pour la France.
Au 18ᵉ siècle, l'Ordre coën, qui refuse par exemple le mythe d'Hiram, tient pour "apocryphe" les maçons ordinaires de son temps, parce que "les philosophes apocryphes n'ont pu obtenir les vraies cérémonies mystérieuses que l'ordre contient et enseigne" (texte signé dans les RG).
Il faut préciser, que Martinès de Pasqually était dépositaire d'une tradition doctorale, rituelle, opérative, véhiculée en dehors de la franc-maçonnerie et sans doute venue à lui principalement par voie orale. Il évoque lui-même sans les nommer "ceux qui ont été chargés" de l'enseigner, et une chaîne familiale n'est pas à exclure, dont son père aurait été le dernier maillon.
Quand Martinès se défend contre l'évidence d'avoir fondé son ordre, il faut entendre ses paroles dans un sens semi-symbolique. Dans la pure lignée des Mages et des Théurges de la grande tradition Judéo-Chrétienne, il se présente au 18ᵉ siècle comme un relais unique, en écho de relais antérieurs, tels que Henri Corneille Agrippa et Pietro d'Abano . Entre eux, court le fil d'or d'une théurgie cérémonielle, simple dans son principe et complexe dans ses applications, dont le Traité sur la réintégration, son unique ouvrage, donne les clefs et expose la théorie. Nous en parlerons abondamment, en mars 2027, dans le cadre doctoral d'Apollonius de Tyane.
Parce qu'il faut bien faire avec ce que l'on a, Martinès de Pasqually a eu le génie de donner à l'Ordre des élus coën une structure matérielle, dans le cadre de la franc-maçonnerie traditionnelle dont il connaissait bien mieux qu'il n'y parait les rites et les symboles, et qui se présentait, en effet, au mitan du 18ᵉ siècle, comme un véhicule privilégié de l'ésotérisme judéo-chrétien.
Quoique cette œuvre soit restée inachevée, Martinès est allé beaucoup plus loin qu'on ne l'a cru dans la réalisation, visant à "rectifier", c'est-à-dire ramener à sa "véritable origine" la maçonnerie "apocryphe".
Dans sa manifestation matérielle, l'Ordre des élus coën est défini très précisément par l'ensemble des textes, notamment les rituels, dont la cohérence parfaite ne suggère pas différentes conceptions de l'Ordre. La voie coën est une voie étroite : bien peu, il y a deux siècles, furent capables de s'y engager. Et combien sont aujourd'hui capables de suivre à plein, c'est-à-dire en conscience et dans la fidélité doctrinale et liturgique, le système maçonnico-théurgique élaboré par Martinès de Pasqually à partir de son propre dépôt ?
Car l'Ordre des élus coën ne saurait se confondre avec des sociétés initiatiques, ou pseudo initiatiques, dont la soi-disant vocation théurgique cache souvent une forme vide où d'aucun peuvent laisser libre cours à leur imaginaire et leurs fantasmes. Au demeurant, ce système très complexe ne se confond ni avec la kabbale au sens strict, ni avec la théurgie néo-platonicienne, moins encore avec la soi-disant kabbale de certains occultistes depuis un bon siècle. Les élus coën ne recherche pas l'expérience, mais la Vérité qui rend libre, et Celui qui est la Vérité, la Voie et la Vie.
Les élus coën cherchent donc à acquérir une connaissance profonde de la nature divine et comprendre les mystères de l'univers. Les membres de l'Ordre visent à développer leur spiritualité et à atteindre des états de conscience supérieurs. L'ordre comporte une série de degrés qui marquent les étapes de l'initiation et du développement spirituel des membres :
- Apprenti : commence son cheminement spirituel et reçoit les enseignements fondamentaux.
- Compagnon : approfondit sa compréhension des principes de l'Ordre et développe ses capacités spirituelles.
- Maître : atteint un niveau de maîtrise spirituelle et est capable de transmettre les enseignements à d'autres.
Ces grades ne seront pas abordés, car j'ai considéré, à tort ou à raison, l'avenir nous le prédira, que l'enseignement transmis par le cursus traditionnel d'Apollonius de Tyane était suffisant pour la grande majorité d'entre vous et que le niveau de connaissances acquises dans les arcanes de la franc-maçonnerie vous a transmis une fondation solide pour enjamber ces trois grades, qui en réalité sont doubles. Cela n'empêchera pas ceux qui le souhaitent de s'y intéresser en parcourant les textes à votre disposition (Rituels et ouvrages hermétiques).
- Grand Élu ou Grand Maître coën : reçoit des enseignements plus avancés sur la nature divine et les mystères de l'univers.
Nous allons transmettre ce grade en deux groupes et le travail commencera en alternance avec l'enseignement du Rite Écossais Hermétique.
Voici quelques pistes à explorer dans un premier temps : Le cercle de réconciliation, Le globe - le poignard et l'équerre, La bande noire traversée par 5 récepteurs, La 9ᵉ heure, Les âges successifs du Maître, Les nombres du Maître, Comment voyagent les Maîtres, Les deux colonnes brisées, Le Chandelier à 9 branches, les 4 métaux, etc. Nous procéderons dans ce module par l'organisation d'un travail collectif, afin que chacun de nous puisse donner son avis, sa perception ou son émotion sur le sujet. Exceptionnellement pour cette fois-ci c'est notre Frère Gémini qui va nous présenter une réflexion sur "Doctrine et Pratiques des Élus Cohen".
- Chevalier d'Orient ou Grand élu de Zorobabel : est initié aux principes de la chevalerie spirituelle et développe ses capacités de discernement et de sagesse.
- Élu Coën ou Commandeur d'Orient : atteint un niveau élevé de compréhension spirituelle et est capable de pratiquer les rituels et les cérémonies de l'Ordre.
- Réau-Croix : pratique des rituels spécifiques pour invoquer les forces divines et atteindre des états de conscience supérieurs. La méditation et la compréhension sont des pratiques importantes dans ce grade, pour permettre aux membres de se connecter avec la divinité.
Voilà une autre manière d'envisager notre parcours de cherchant et comme je ne cesserai de vous le rappeler : Notre chance est d'être membre du Suprême Conseil des Rites Confédérés de France qui nous permet de travailler en Harmonie avec notre désir de découvrir sans arbitraire et sans exclusivité les mystères de la Mort et de la Vie. D'autres découvertes se rajouteront plus tard pour finir ce cursus, car il faudra bien y mettre un terme, mais pas dans le sens où nous l'entendons traditionnellement...
Jakin,