
Les cinq minutes de symbolisme sont généralement destinées à l'éveil des Apprentis. Mais, comme une fois de plus, j'interviens sur l'Alchimie, je vais décoder mon propos pour vous faciliter le suivit de ma démonstration, du moins je l'espère... Le plomb et l'antimoine sont deux matières pour réaliser le grand œuvre opératif par la voie Sèche, mais c'est aussi, dans la réalisation du grand œuvre spéculatif, le VM en face du Couvreur. Ces deux officiers qui se font face doivent résoudre un mode opératoire. Et c'est ce qu'ils font au moment du baiser de Paix. Le VM transmet le baiser à l'Orateur (Or, le feu) et au Secrétaire (Argent, l'eau) et le baiser circule en deux colonnes parmi les FM en passant toujours en vis-à-vis par le Trésorier (13 Or) et l'Hospitalier (Os, putréfaction), puis par le MdeC (Hermès, Mercure) - Expert (Hermès, Mercure rectifié) et suivent, en bout de colonne le Premier Surveillant (Fer) et le Second Surveillant (Cuivre) qui transmettent à leur tour simultanément le baiser au Couvreur qui ramène le baiser au point de départ, le VM. Le Grand œuvre est accompli dans l'Athanor... Sur le plan spéculatif cette opération qui doit s'accomplir dans notre intériorité est plus complexe à réaliser, car elle s'appuie sur quatre dualités qu'il faut résoudre :- Vivre et Vouloir,- Mémoire et Vocation,- Souvenir et Désirs,- Vécus et Envies,Voilà le chemin que je vous invite à prendre dans ces cinq minutes de symbolisme dédiées à la vision herméneutique du Grand Œuvre. L'antimoine est un métalloïde blanc, brillant, cassant ; sous la forme de sulfure, il constitue le khôl qui maquille les yeux des Orientales ; en pharmacologie, il est utilisé comme émétique ou en pommade stibiée. Il était considéré comme un puissant épuratif. C'est évidemment cette dernière qualité qui est visée ici pour, uni à l'or vulgaire, donner du Souffre philosophale. Le Souffre parait d'un jaune éclatant, mais mat, qui est aussi le jaune de l'or, mais que l'antimoine épure de façon à en ôter la brillance.D'abord, il faut chauffer, jusqu'à leur fusion, souvenirs et désirs. Or, on le sait, la puissance de chauffe, c'est la prise de conscience : prendre conscience ardemment de la masse de ses vécus et de ses envies. Il faut fondre, séparément, souvenir et désirs, informe, fluide, visqueuse : un magma de vécu, un magma d'envie. Oui, il y a du vécu et il y a de l'envie, mais indistincts, indifférenciés, flous, confus, comme pour annihiler les objets de vécu et d'envie, mais pour n'en garder que la Force.Car au départ, Mémoire et Vocation n'ont pas encore été épurés. Chacun a encore des souvenirs - dûment triés et sélectionnés en fonction des circonstances, des peurs, des envies - et chacun des désirs - mais variables et fragiles, eux aussi selon les circonstances, les peurs ou les envies.Peu importe ce que j'ai vécu. Peu importe ce dont j'ai envie. Mais je sais, au plus profond, que je suis un homme de vie et un homme de désir (Louis-Claude de Saint-Martin). Vie et Désir : les pluriels ont fondu. Il ne reste que le principe. Il ne reste que la Force de Vivre et la Force de Vouloir.Vivre et Vouloir. Oui, mais vivre quoi ? Et vouloir quoi ?