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Les Black's Foot

le 04-09-2008 05:03

A LA RECHERCHE DU VASE....

 

         Au cœur de ses 6 visages pleins de vie et de surprises : Soissonais, Laonnais, St Quentinois, Thiérache, Marne et Serre nous partons à la découverte du département de l’Aisne situé en Région Picarde. A proximité de Center Parcs, nous découvrons l’Histoire de la Première Guerre Mondiale avec le Chemin des Dames et la Caverne du Dragon. Haut lieu du souvenir, l’Aisne est aussi terre d’architecture : cathédrales, abbayes, moulins… ont inspiré les plus grands noms de la littérature et de la peinture dont La Fontaine, Racine, Dumas, les Claudel ou Matisse…

        Huit heures de route sont nécessaire pour inspirer l’air pur et expirer le quotidien entre collines et campagne. Le corps et l’esprit peuvent se ressourcer. Sur les routes de campagne qui serpentent les vallons verdoyants, on se laisse surprendre au détour d’un chemin par l’imposante silhouette des Dames Rouges, ces églises fortifiées entourées par de charmants villages…


        Nous avons pris nos quartiers pour sept jour à l’Hostellerie Saint Vincent, un établissement de la chaîne « Citotel » managé par Cécile. Un accueil convivial et chaleureux par une équipe jeune et dynamique dans un cadre aéré et lumineux. Une carte variées avec quelques produits régionaux, une chambre spacieuse avec une baignoire balnéo complètent aisément le séjour…

        Pour y arriver c’est tout droit en haut : Autoroute A7 jusqu’à Vienne, puis contournement de Lyon, direction Genève puis Reims – sortie 13 Laon. On quitte l’autoroute pour la nationale 2, on traverse Chambry, au rond-point première sortie à droite, on longe la départementale 181 jusqu’au centre commercial champion, deux fois à droite et une belle pelouse qu’encadre un vaste parking est là pour nous accueillir…
     
            « J’ai quitté Laon ce matin, vieille ville avec une cathédrale qui est une autre ville dedans, une immense cathédrale qui devrait porter six tours qui n’en a que quatre ; quatre tours presque byzantines, à jour comme les flèches du 16ième siècle. Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout… » : Victor Hugo, le 1er août 1835. Alors, comme Victor Hugo, allons voir si tout est beau !…
     
            La Lugdunum des Gaulois marque son entrée dans l’histoire par Saint Rémi, Charlemagne et Roland de Roncevaux. Camaïeu de pierres grises entouré de verdure, cité touchante avec ses ruelles, ses portes fortifiées et ses légendes, sa ceinture de remparts s’enroule autour d’elle pour préserver jalousement son passé. La montagne couronnée nous accueille pour nous séduire. Ouvrons les yeux pour bien la découvrir…
     
            La cité historique a conservé son aspect médiéval. La majestueuse cathédrale, la chapelle des Templiers et près de 80 monuments historiques nous plongent dans le passé. La cuve Saint Vincent et ses pentes verdoyantes apportent une touche bucolique à cet ensemble architectural de premier plan. La Cathédrale, chef d’œuvre du 1er âge gothique a inspirée de nombreuses autres cathédrales (chartres, Reims, Lausanne)…
     


            Dès le Moyen Age, les tours de la cathédrale de Laon forcent l’admiration des plus grands, tel Villard de Honnecourt, maître d’œuvre du 13ième qui écrira : « Je suis allé en de nombreux pays comme vous pouvez le constater dans ce livre, et en aucun lieu je ne vis des tours comme celles de Laon ». C’est le moine Guibert de Nogent qui rapporte cette légende : « un attelage ne pouvant arriver à gravir la colline de Laon pour amener à pied d’œuvre les matériaux, un bœuf mystérieux apparut pour renforcer l’attelage et disparut subitement quand le chariot eut achevé sa pénible ascension ». C’est en souvenir de ce miracle que les colossales figures de bœufs ornent les tours de la façade occidentale de la cathédrale Notre Dame de Laon…
     
            Vers les onze heures, un petit train touristique nous permet de croiser la plupart des monuments de la ville et même de goûter les panoramas de ses alentours. Une autre façon de parcourir la cité médiévale. La visite se termine à Midi devant un petit restaurant italien « La Dolce Vita », nous poussons la porte avec envie…
      


            Direction les Vestiges du Château fort de Coucy : les ruines s’étalent sur un éperon qui domine la vallée de l’Ailette. Un inoubliable panorama se découvre aux pieds de ses interminables murailles qui témoignent de l’orgueil des seigneurs bâtisseurs. L’histoire remonte à l’époque de Clovis. La légende raconte que le Roi des Francs, ayant gagné la bataille de Soissons, offrit à Saint Remy, évêque de Reims, tout le territoire qu’il pourrait parcourir durant sa sieste. C’est à Enguerrand III que l’on doit le château et l’enceinte urbaine actuels, datés de la première moitié du 13ième siècle. Le château est composé de trois parties. Nous rentrons tout d’abord dans la ville haute, ceinturée de deux kilomètres de courtines, par une des trois portes fortifiées qui y donnent l’accès…
     
            On pénètre ensuite dans une basse cour de trois hectares, entourée d’une enceinte flanquée de dix tours, avant de franchir le fossé, entourant les ruines du donjon. Le château lui-même, comporte quatre grosses tours reliées entre elles par des corps de bâtiments. On y découvre les salles basses des tours, le grand cellier et les logis des Preux et des Preuses…
     


            Avant sa destruction en 1917, le donjon était la plus grosse tour d’Europe : 54 mètres de haut, 31 mètres de diamètre, 7,5 mètres d’épaisseur moyenne des murs à la base…
     
            Un vignoble coucyssien existait au Moyen Age, implanté sur les coteaux bordant la forteresse : il avait à l’époque une bonne réputation. Les efforts de réimplantation accomplis ces dernières années, outre qu’ils permettent au site de retrouver sa vérité historique et de dégager le champ de vision pour mieux découvrir le monument, devraient bientôt (nous dit-on) produire un vin de qualité. A ce jour, 1700 pieds de vigne ont été replantés sur cette côte…
     


            Nous clôturons notre première journée de visite par le Chemin des Dames. Les filles de Louis XV lui ont donné son nom. La Grande Guerre l’a rendu tragiquement célèbre. Le Chemin des Dames invite au souvenir depuis les ruines du village de Craonne jusqu’au musée poignant de la Caverne du Dragon, une des nombreuses carrières souterraines ayant servi aux combattants pendant la Première Guerre Mondiale. Cette crête est le point de départ de nombreux sentiers de randonnée permettant de découvrir l’arboretum de Craonne, les ruines de l’abbaye de Vauclair ou les creuttes, cavités rocheuses habitées dès les temps préhistoriques…
     
            Le temps est toujours gris ce matin, mais il ne pleut pas. 50 kilomètres nous séparent de la ville de Soisson. Sur la route nous apercevons les charmants villages de pierre blanche blottis autour de leur église romane. Des vendangeoirs y rappellent le riche passé viticole de la région. Monts et collines boisés se succèdent et leur beauté naturelle nous invite à nous promener dans la campagne…
     


            Capitale du Royaume des Francs et cité du célèbre vase, Soisson et son pays furent une source d’inspiration pour certains des plus grands écrivains de l’Aisne comme Racine, Dumas ou Hugo. Tous furent charmés par le caractère authentique des châteaux, cathédrales ou abbayes du soissonnais. La ville choisie par Clovis comme première capitale du Royaume des Francs est bâtie sur les bords de la rivière Aisne. Elle domine un pays de vastes plateaux céréaliers et de vaste massifs forestiers tels que la forêt de Retz. C’est de cette terre riche en calcaire que sont tirées les magnifiques pierres de taille blanche…
     
            Quant au vase de Soisson qu’un soldat envieux et impulsif frappa de sa hache en criant à Clovis : « Tu ne recevras que ce que le sort te donnera vraiment », nous l’avons retrouvé dans les coursives de l’ancienne Abbaye St jean des Vignes fondée en 1076 sur la colline Saint-Jean pour des chanoines réguliers suivant la règle de Saint Augustin, l’abbaye est le monument le plus spectaculaire de la ville…
     


            D’abord de style roman, les bâtiments sont remplacés à la fin du 12ème siècle par ceux que l’on voit aujourd’hui : la façade (12ème – 16ème siècle), le réfectoire et le cellier (13ème siècle), deux galeries du grand cloître (fin 13ème siècle), une galerie d’un petit cloître de style Renaissance et le logis abbatial (16ème siècle).
     
            Située place du Cardinal Binet, en plein cœur de la ville, la cathédrale fait partie des sept cathédrales gothiques de Picardie. Commencée à la fin du 12ème siècle, sa construction s’étend sur deux siècles.
     


            Le bras sud du transept est un exemple remarquable du premier édifice de style du premier art gothique à quatre niveaux construit à partir de 1175. La façade, inachevée et mutilée à plusieurs reprises, s’ouvre sur le vaisseau central qui illustre le style gothique classique.
     
         Fortement endommagée pendant la Première Guerre mondiale elle possède un patrimoine mobilier remarquable : l’Adoration des bergers de Rubens, le portail de la sacristie de Michel-Ange Slodtz, des vitraux de Raphaël Lardeur.
     


        La reconstruction du centre ville après la Première Guerre mondiale isole aujourd’hui cet édifice. La place Fernand Marquigny met en valeur ses parties orientales. La nouvelle place Mantoue laisse imaginer l’espace autrefois réservé aux jardins de l’ancien évêché. Le square Saint-Pierre garde le souvenir d’un des plus grands monastères féminins du nord de la Gaule : l’abbaye Notre-Dame. Fondée entre 659 et 666 elle comprenait trois églises : Saint pierre au parvis, Sainte-Geneviève (disparue) et Notre-Dame. De cette abbaye détruite à la Révolution française il reste la façade et les trois premières travées de la nef de l’église romane du 12ème siècle, l’église Saint-Pierre, où en 1953 a été inauguré un monument de la déportation…
     
            Une averse interrompt notre visite, nous reprenons la voiture pour nous mettre à l’abri sous terre à quelques kilomètres d’ici. Le fort de Condé sur Aisne appartient au système Séré de rivières destiné à défendre la nouvelle frontière de 250 km, de Longwy à Belfort, issue du traité de Francfort de 1871 qui met fin à la guerre franco-allemande de 1870-1871. En forme de pentagone, il est un élément de seconde ligne de la fortification La Fère - Soissons.
     


            Le fort couvre 13 hectares et peut accueillir jusqu'à 650 hommes dont 20 officiers. Une infirmerie peut abriter 80 malades. L'écurie est prévue pour 12 chevaux, des magasins à poudre et à munitions, une forge un atelier à bois et deux puits occupent les autres parties aménageables. Protégé par un fossé de huit mètres de large, ce fort dispose de 18 plate-forme d'artillerie. En 1888 l'armement comprend quatre canons de 155 long, quatre de 155 court, dix-neuf de 120, quatre mortiers de 15 cm et plusieurs canons revolver et canons de 12 culasses…
     
            Comme il pleut toujours, nous retournons sous terre quelques kilomètres plus loin. En pénétrant dans la Caverne du Dragon, nous espéreront entendre le son des burins des tailleurs de pierre, bâtisseurs de cathédrales, ou le pas des chevaux du carrosse des filles de Louis XV passant sur le Chemin des Dames. Mais ce ne sont que les plaintes des combattants pris sous la mitraille se réfugiant dans cette forteresse souterraine qui montent à nos oreilles…
     

 
            Le réseau de galeries de la caverne nous plongent dans la vie quotidienne et l’intimité du soldat sur le front et en dessous. A l’origine une carrière de pierre creusée dans le calcaire. Située sous le Chemin des Dames, cette creute est transformée en véritable caserne par les Allemands qui l’occupent en janvier 1915 et lui donne le nom inspiré par la mythologie germanique. Ainsi naît la « Drachenhöhle » ou Caverne du Dragon. La scénographie au service de l'Histoire… La Caverne du Dragon a subi plusieurs aménagements architecturaux et artistiques pour mettre en valeur l'originalité du site. De l'ombre des parois à la lumière portées par les écrans, panneaux, vitrines, nous foulons un sol éclairé par des jeux de lumière. A chaque étape du parcours, un morceau de l'Histoire raconté sous plusieurs angles : géographique, social, militaire…
     
          Au détour des salles souterraines, nous découvrons pas à pas les différents espaces portant l'histoire et le vécu des soldats de la Grande Guerre. De multiples supports nous accompagnent dans notre découverte des témoignages et de l'histoire de la Guerre de 14-18 : audiovisuel, panneaux didactiques, objets artisanaux, fond photographique. Autour de soi, les murs de calcaire évoquent le souvenir des espaces aménagés pendant la Grande Guerre : Chapelle, cimetière, puits, hôpital…
     


        Comme la pluie à cessée provisoirement, nous partons vers l’intérieur de la campagne pour visiter l’Abbaye de Vauclair qui clôture notre journée dans le Soissonnais. L’abbaye appartient à l’ordre qui tire son origine de l’abbaye de Cîteaux. Celle-ci fut fondée en 1098, par un groupe de moines de l’abbaye bénédictine de Molesme, avec l’intention de pratiquer la règle de Saint Benoît dans toute sa pureté primitive, en rejetant tout ce qu’au cours des siècles on y avait ajouté d’adoucissements, en particulier en ce qui concerne les jeûnes et le travail manuel. Ces moines vinrent se fixer dans la forêt de Cîteaux, à quelques vingt kilomètres au sud de Dijon, et mirent leur projet en pratique, vivant du travail de leurs mains, pauvres – comme ils disaient – avec le Christ pauvre.
     
        Saint Bernard fut placé à la tête de Clairvaux comme premier abbé. Sous sa direction l’abbaye devient bientôt célèbre comme l’un des hauts lieux de la chrétienté. Les recrues y virent en foule et, du vivant même du Saint, l’abbaye fonda plus de soixante monastères à travers toute l’Europe, parmi lesquels Vauclair est le quinzième en date. Ces monastères essaimèrent à leur tour, si bien qu’à la mort de Saint Bernard, en 1153, après trente-huit ans d’abbatiat, la filiation de Clairvaux comptait cent soixante-huit monastères. Fait unique dans l’histoire monastique.
     


        A l’Est de la salle des moines, les fouilles ont permis de mettre au jour les fondations des anciennes infirmeries monastiques. C’est l’emplacement traditionnel de ces bâtiments qui jouaient un rôle important. Ils ne servaient pas seulement au soin des malades mais à la vie quotidienne des moines âgés qui ne suivaient plus le régime régulier. La tradition a gardé le souvenir de l’ancienne apothicairerie monastique de Vauclair et de son jardin des plantes. Pour marquer cet emplacement et perpétuer ce souvenir, le Groupe "Sources" y a implanté en 1976 un jardin de plantes médicinales accessible aux visiteurs. La disposition en damier est conforme aux plans des premiers jardins monastiques, tel que celui de l’abbaye de Saint-Gall au IX’ siècle. A l’heure actuelle, ce jardin regroupe 400 espèces de plantes médicinales. Les spécialistes le considèrent comme l’un des plus riches de France…
     
         Nouvelle journée grise, mais nous en avons pris l’habitude ! Cette fois-ci nous partons pour le Saint-Quenntinois apprécier toute la beauté de l’architecture, observer l’abondante faune et flore du marais d’Isle… Comme Maurice Quentin de la Tour, nous laissons les couleurs pastel nous inspirer !…
     


           Notre première visite est pour la ville de Guise. Dès le 12ième siècle, cette place forte frontalière fut assiégée des dizaines de fois par des ennemis venus de toute l’Europe. Sans cesse agrandie et améliorée, elle résista jusqu’au 20ième siècle. Ses hautes murailles surgies de la terre de Thiérache témoignent ainsi, au fil des siècles et des batailles, d’une partie de la « mémoire d’Europe ». Aujourd'hui, autour du donjon, les salles d'armes, les souterrains, les galeries et pas moins d'1 km de murailles font de ce site une véritable "cathédrale militaire"…
     
       Au cœur du château, le musée archéologique, des visites guidées, des ateliers pédagogiques, des expositions, des animations en costume et des "Camps chantier Patrimoine" font revivre le site en permanence…
     


        C’est aussi la ville de Camille Desmoulins, cet homme politique et journaliste engagé qui participa avec ferveur aux journées insurrectionnelles de juillet 1789 qui entraîna la prise de la Bastille. Tout au long de sa vie, il exprima son hostilité à l’égard de l’Ancien Régime puis des Girondins et enfin du régime de la Terreur par le biais de pamphlets. Arrêté par le Tribunal révolutionnaire, il fut guillotiné aux côté de Danton en avril 1794…
     
        Un autre personnage fait la renommé de cette petite ville : Jean Baptiste André Gaudin. En appliquant la fonte aux appareils de chauffage, Jean Baptiste invente le… poêle Godin dont le succès lui permet de créer un palais social qui s’inspire du phalanstère de Fourier.
     


       Le familistère, ville dans la ville est édifié de 1859 à 1892. Le confort et les conditions de vie y sont exceptionnels pour l’époque. L’industriel crée un pouponnât, développe l’école gratuite, mixte et laïque, bâtit dans son palais un théâtre, une bibliothèque, une buanderie piscine. On découvre ce patrimoine exceptionnel, témoin d’une « utopie réalisée » et mis en valeur dans le cadre d’un programme muséographique justement appelé Utopia…
     
         Il est temps maintenant de nous laissez emporter par la brise flamande qui souffle sur Saint Quentin et ses alentours ! La capitale nous offre ses plus beaux trésors d’art flamand avec sa « Grand Place » et ses merveilles insufflées par divers courants artistiques tels que l’art gothique ou encore l’art déco. Les charmes de la ville où la tradition textile demeure ont inspiré le Maître du pastel Maurice Quentin de la Tour ainsi que Matisse, avec ses rendus de tissus imprimés et étoffes multicolores présents dans ses œuvres…
     


           ...Les fondations de la basilique remontent aux origines même du Christianisme dans la région. En effet Eusébie, dame romaine, qui ayant retrouvé le corps de Saint Quentin (fils d'un sénateur romain venu en Picardie prêcher le christianisme puis décapité). Il fut construit au dessus du tombeau du saint un oratoire. Cette chapelle successivement restaurée, démolie puis reconstruite chaque fois dans des proportions toujours croissantes, devint la Basilique que nous visitons aujourd'hui.
     
          ...C'est à l'endroit même où saint Quentin subit son martyre que la dame romaine lui donna la sépulture après avoir retrouvé son corps immergé dans la Somme pendant cinquante ans. Ce ne fut d'abord qu'un modeste oratoire, qu'il fallut bientôt agrandir en raison de l'affluence des pèlerins. Les évêques de la cité du Vermandois l'élurent comme siège et comme cathédrale. De nouveaux embellissements lui furent apportés par saint Éloi, qui venait de découvrir le tombeau de saint Quentin. Détruite par les invasions, l'église fut reconstruite entièrement par Fulrad, chef du clergé de Saint-Quentin, grâce aux libéralités de Charlemagne, et consacrée par le pape Étienne IV ; le 2 août 816, les normands l'incendièrent…
     


         Elle fut relevée de ses ruines vers 942. Enfin, au début du douzième siècle, alors que se bâtissaient les cathédrales de Laon et de Noyon, les chanoines de Saint-Quentin résolurent de se donner une basilique plus vaste et plus belle encore, qui est la collégiale actuelle. Sa nef ne fut toutefois achevée qu'en 1470 et reliée alors à la tour Saint-Michel, datant du douzième siècle, qui sert de clocher. Trois grands incendies devaient l'éprouver : en 1545, en 1557 pendant le fameux siège, et en 1669. Pendant la Révolution, les Jacobins la mutilèrent et la transformèrent en temple de la Raison, puis en magasin à fourrage et en écurie. En 1871, lors de la bataille du 19 janvier, elle reçut dix-huit obus, qui causèrent quelques dégâts. Mais la grande guerre allait lui réserver d'autres injures…
     
        Jusqu'au 1er juillet 1916, la basilique fut épargnée par la guerre. Mais à cette date, un avion, français ou anglais, survolant la gare, fit sauter un wagon d'explosifs, ce qui provoqua une catastrophe effrayante : des maisons furent éventrées et incendiées, des bateaux coulés ou détruits sur le canal, des Allemands tués ou blessés par centaines. La ville entière avait été ébranlée et sept des grandes fenêtres de la nef ou du chœur de la cathédrale furent brisées…
     


        Aujourd’hui le temps s’est aggravé, il pleut à verse et sans interruption. Nous enfilons un habit de grenouilles ou d’escargots, au choix, et décidons d’affronter une nouvelle fois la cité médiévale. Dans l’ordre de marche : Porte de Soisson évoquant l’architecture militaire du 13ième siècle, flanquée de deux grosses tours avec archères. La ruelle Pourier ou se dresse la doyenne des maisons du Laon avec ses cheminées rondes…
     
        Couvent des Dames de la Congrégation construit en 1624 à l’initiative de Philibert de Brichanteau, évêque de Laon, le couvent fut transformé  en prison de 1831 à 1970. Petit Saint Vincent, refuge de l’abbaye du même nom située hors des murs de la ville, servait d’hospice aux pèlerins et de refuge aux religieux lors des invasions. Petit Saint Nicolas qui servait luis aussi de refuge aux moines de l’abbaye Saint Nicolas aux Bois en forêt de Saint Gobain. L’église abbatiale Saint Martin seconde en dignité de l’ordre Prémontré, fondée par Saint Norbert en 1120, la vaste église abbatiale du 12ième siècle démontre une architecture d’influence cistercienne…
     


        Logis abbatial Saint Martin en brique et pierre, le logis comprend un élégant pavillon d’agrément « le vide bouteilles ». Place de l’Hôtel de ville : en 1831, le palais royal médiéval de Louis VII le jeune et le donjon de Philippe Auguste furent détruits pour construire l’actuel hôtel de ville et sa place, ce qui fit écrire à Victor Hugo « Tout est beau à Laon, mais je n’ai jamais rencontré de conseil municipal aussi bête »…
     
        Ancien Relais de Poste créé en 1683, en 1770, au cours d’une rixe, le chevalier d’Espinay y trouva la mort. Rempart Saint Remy : on y aperçoit la plaine et sur la droite la forêt de Samoussy où selon la légende Pépin le Bref et Berthe au Grand Pied conçurent Charlemagne…
     


        Au environ de Midi, nous sommes obligés de retourner à l’hôtel pour nous changer afin d’être présentable pour le déjeuner. La « Dolce Vita » nous propose une salade tomates mozzarella suivie d’un plat de peines sauce tomate basilique, le tout arrosé d’un chianti salvateur. Après le café expresso, pas question de retourner sous la pluie, nous décidons de visiter les souterrains de la ville.
 
      L’extraction de la pierre a donné naissance à plusieurs centaines d’hectares de souterrains sous la cité médiévale. L’extraction a probablement commencé sur le pourtour du plateau, là où le banc affleure et est donc facilement exploitable. L’exiguïté du plateau, sa faible largeur et la détérioration de terrains constructibles couplées à la nécessité d’avoir un rempart a contraint les carriers à s’enfoncer dans le sous-sol par l’intermédiaire d’entrées en cavage. L’exploitation se faisait alors en souterrains. Les carriers avancent à l’horizontal, exploitant 2 ou 3 bancs suivant la roche en place.
     


           Les souterrains " perchés " ont été utilisés au lendemain de la guerre de 1870. La France s’est dotée d’une nouvelle ligne frontière au travers d’un programme d’édification d’ouvrages défensifs répartis sur l’ensemble des limites nationales et regroupés sous l’appellation de leur concepteur Mr Séret de Rivière. Si l’on garde à l’esprit que les vides dus aux carrières, poussés horizontalement, débouchent au pied des remparts et dominent donc la plaine ceinturant le plateau, on comprend le paradoxe qui a permis la construction de ces édifications défensives dont la plus singulière est la Batterie Morlot. Batterie défensive qui est en fait un télégraphe optique permettant de correspondre avec les forts environnants…
     
      Ce matin nous partons pour le bocage Valois, dans ce poumon vert où résonne encore les chevauchées des mousquetaires chers à Dumas. Le temps est toujours gris avec des nuages menaçants. Nous avons rendez-vous à Silly la Poterie vers 11h30 pour une croisière sur l’Ourcq. Sur la route nous croisons un magnifique moulin encore en fonctionnement qui se détache sur une étendue de vert.
     


        Notre premier arrêt sera pour la ville natale de Jean Racine : La Ferté Milon. Un village typique du bocage avec son écluse sur l’Ourcq. Le château de Louis d’Orléans construit en 1375 domine la ville sur sa droite. Après 1392-1393, le prince fait débuter l'énorme chantier de la Ferté. Il termine parallèlement le château de Pierrefonds. Son assassinat par des sicaires à la solde de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, le 23 novembre 1407, vient mettre un coup d'arrêt définitif aux travaux. Le rêve de Louis d'Orléans reste inachevé. La place se révèle toutefois suffisamment puissante pour soutenir victorieusement un siège en 1423.
     
        A l’extrémité nord L'église Saint Nicolas de la Chaussée apparaît extérieurement de style Renaissance. Son clocher est surmonté de quatre tourelles de guet mais est dépourvu de son dôme primitif qui, détruit lors d'un orage, fut remplacé par une petite flèche en ardoise. Commencée en 1460, cette église fut achevée et dédicacée en septembre 1491. Mais l'intérêt principal de cette église réside en un superbe ensemble de huit grandes baies gothiques garnies de vitraux du 15ième  siècle, sauf un. Certains d'entre eux sont datés de  1542-1549-1598. Ils furent sauvés une première fois de la Révolution par le Sacristain Dubois, qui les blanchit à la chaux pour les dissimuler, et une seconde fois par le Chanoine Devigne, qui put les faire démonter avant les bombardements de juin 1918.
     


        Sur les rives de l'Ourcq et de son canal, le centre-ville propose la promenade du "Mail" où l'on accède par un pont métallique construit par Gustave Eiffel. De chaque coté de ce pont et de la tour appartenant à l'ancienne enceinte, on peut voir les jardins de la propriété des Sconin, aïeuls de Jean Racine et ceux de la propriété Héricart où s'est marié Jean de La Fontaine. Les vieilles maisons, les chaussées anciennes, tout concourt à nous rappeler que cette bourgade inspira de nombreux peintres, tels Corot et son élève Eugène Lavieille.
     
        Il est temps de rejoindre Silly la Poterie que nous traversons pour rejoindre trois kilomètres plus loin le port fluvial de Port aux Perches ou nous attend le capitaine du « Clygnon »  pour une croisière avec repas de trois heures sur la rivière Ourcq…
     


            L’Ourcq, La Rivière des Ducs... Prend sa source à Courmont, dans l'Aisne, elle fut canalisée sous François 1er à partir de Port aux Perches. Le capitaine nous place à bord et nous invite à naviguer en suivant les méandres de la Rivière aujourd'hui praticable uniquement entre Port aux Perches et Mareuil sur Ourcq. Dès les premiers tours d’hélice, un marin nous sert un kir maison avec ses craquottes puis le capitaine nous raconte l’histoire du canal et des écluses que nous allons franchir ensuite le repas commence par une glissade de saumon fumé, suit un suprême de pintadeau forestier, pommes persillées et flan de légumes, le brie de Maux sur un lit de salade, accompagné d’un blanc et d’un rouge de Bordeaux servit à discrétion…
     
        Aux abords de la forêt de Retz, nous traversons la ville de la Ferté Milon, surplombée par les rustres murailles du château des Ducs d'Orléans, et franchissons son écluse sur les traces de Jean Racine. Les tours moyenâgeuses de la ville vous saluent, comme la tour carrée de l'église Notre-Dame où résonne encore le chant des cloches célébrant le mariage de Jean de La Fontaine, ou comme ses maisons de pierre blanche, son ancien moulin à aube, les tilleuls de son mail, le reflet de ses jardins dans l'eau qui lui donnent le charme du temps arrêté.
      


        Entre le fromage et la tarte normande avec sa crème anglaise et avant le café, nous glissons jusqu'a Marolles où une halte de charme s'impose. C’est l’occasion de découvrir la vie autour d’une écluse, un vieux lavoir, quelques maisons anciennes et une petite chapelle du 14ième siècle se découvrent en passant un pont étroit au pied d’un immense peuplier. Au coup de sirène nous reprenons la navigation pour surprendre les hérons cendrés, et les poules d'eau en remontant le courant en retrouvant l'ancienne gare fluviale à l'extrémité du réseau de l'Ourcq, au parc de Port aux perches.
     
        Pour finir notre journée de découverte dans le bocage nous partons pour le site de Septmonts. La tradition orale dit que le Pape Jean VIII de passage en ce lieu, lui aurait donné ce nom en pensant à Rome, la ville aux sept collines. On en trouve une trace écrite latine : Septem Montes à compter du 12ième siècle, date à partir de laquelle les évêques de Soissons y eurent une résidence. Simon de Bucy évêque entre 1362 et 1404, soucieux de protéger les populations dans la période d'exactions que le pays traversait alors, donne au château sa configuration actuelle de forteresse.
      

 
           Le château est le fleuron du patrimoine de Septmonts. Edifié par un architecte des équipes royales de Charles V, il est dans le style des châteaux princiers du 14ième siècle, mariant avec élégance l'art défensif militaire et celui de "l'hostel" résidentiel. Le donjon symbole de puissance, de luxe, et d'ostentation est d'allure fort peu féodale, c'est un chef d'œuvre empreint tout à la fois de force, de majesté, et de grâce…
     
          Pour notre dernière journée dans le département nous partons pour le poumon vert de l’Aisne : la Thiérache. Surnommée affectueusement la Petite Normandie elle séduit grâce à ses douces collines et à ses verts bocages bucoliques. Au milieu de villages pittoresques se dressent d’imposantes églises fortifiées, joyaux de l’architecture locale. Et pour les papilles, il faut céder à la tentation du maroilles, goûteux formage à la croûte orangée…
     


        Au cœur de la verdoyante Thiérache, entre Serre et Oise, ce sont plus de soixante cinq églises fortifiées qui profilent leur silhouette austère sur les villages qu’elles semblent toujours protéger comme Vervins que nous visitons.
     
       Les villages de Thiérache, devaient subir les “ courses ” régulières venues de la frontière proche, raflant le bétail et prenant des otages, les incursions de petites bandes armées de soldats ou de déserteurs qui ne pouvaient subsister que par le pillage. Donc, pas de grandes batailles, mais la nécessité quasi-permanente pour les populations de protéger leur vie et leurs biens.
     


           Telles quelles, les Églises Fortifiées représentent “ apparemment ” un archaïsme curieux, mais dont l’existence et la conception étaient, en fait, bien adaptées au milieu et aux circonstances de cette époque difficile. Leur densité, en Thiérache, et leur origine communautaire leur confèrent un réel intérêt touristique qui reste à découvrir…
     
        A l’approche de Marle, notre deuxième étape, on aperçoit de loin le clocher de l'église. Bâtie au début du gothique, elle est le monument le plus imposant de la cité. Son portail abrite la célèbre statue «la Vierge à l'Enfant» qui, fait très rare, sourient tous deux. A l'intérieur, on y trouve le tombeau du Sire de Bournonville, originaire de Marle, premier lieutenant de Jean sans Peur pendant la Guerre de Cent Ans. Au sortir de l'église, nous empruntons la ruelle du château pour aboutir sur les anciens remparts.
     


        Le château est maintenant propriété privée mais en suivant les remparts, on arrive au sommet de la Tour Nord Est et de là, une vue très large s'étend sur la vallée de la Serre et ses coteaux. On pouvait encore, il y a peu de temps, continuer la promenade par le Chemin de Ronde qui aboutit en ville mais il est en mauvais état et de ce fait impraticable.
     
        Amateurs d'histoire nous poursuivons par l'ancien grenier à sel, rue Lalouette. En descendant l'avenue Charles de Gaulle, on trouve l'ancien relais de poste qui conserve quelques sculptures. En face, dans un coin de la place, la plus vieille maison de Marle (1572). En continuant vers la gare, on passe vers un monument élevé à Saint Nicolas dont une chapelle désaffectée porte le nom. Dans toute la ville, des panneaux, indiquent les noms des anciennes rues, places et maisons, perpétuant ainsi le passé historique de la ville. Le seul restaurant ouvert le dimanche dans la région étant complet nous sacrifions l’indémodable sandwich à la boulangerie locale.
     


        Le temps redevient menaçant, la pluie n’est pas loin. Avant de rejoindre Laon et notre hôtel nous faisons une halte au Musée des temps barbares. Avant d'être un musée, cet endroit était un moulin banal, qui appartenait au domaine de Marle. Il fut construit au 12ième Siècle et fut ravagé par la force des eaux en 1750. Il fut rétabli par la suite aux frais du comte. Un souterrain le mettait en communication avec le haut manoir. Le moulin fut récemment transformé en «Musée des temps barbares». Ce musée est entièrement consacré à la période mérovingienne, d'après les fouilles de la nécropole et de l'habitat de Goudelancourt Les Pierrepont (6ième et 7ième Siècles)…
     
        L’Aisne, vitrine de l’Histoire grandeur nature !

       Bienvenue dans l’univers de l’Histoire de France ! Grâce à son rang de quatrième département français pour le nombre de ses monuments classés, l’Aisne, berceau de l’Histoire de France, vous emporte dans les couloirs du temps.

     Tout en profitant d’hébergements de charme, découvrez les chefs d’œuvre d’art gothique que sont les cathédrales de Laon ou de Soissons. Visitez le magnifique château des Princes de Condé, empruntez le célèbre Chemin des Dames ou explorez le Familistère Godin…

      Un seul regret : le temps. Nous avons rouillés après une semaine de pluie et sommes rentrés avec de la mousse sur nos chaussures. Bref un temps idéal pour les grenouilles ou les escargots…
 
 
 
Andrée et Armand 
 


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1. Mamie-Cannelle  le 03-10-2008 à 12:00:24

Ma fille habite à quelques km de Soissons et je passe devant le moulin à chaque fois que je vais la voir !!!
Blog très interressant et complet !!!
Bravo et bonne continuation !!!
MC.

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le 04-09-2008 04:02

CAPBRETON

 

 

Coucou,

 

        Petite vacances dans les Landes. Pas de chance, il fait un temps pouri ! Mais bon, les paysages sont beaux. Nous visitons les villes du bord de mer... et regardons le surfeurs s'expérimenter sur les vagues....

 

Sandrine et Alexia 

 

 


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1. beco66  le 04-09-2008 à 04:10:13  (site)

quelle belle region, je vous conseilled'aller à Biarritz voir le rocher de la vierge , le Palais, la cote des Basques......
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édité le 04-09-2008 à 04:11:23

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le 03-09-2008 15:16

SUR LA TRACE DE MES ANCETRES





        Herculanum au temps des romains, Résina pendant le règne des Bourbons, Ercolano au 20ième siècle, la ville de mes ancêtres ne laisse pas indifférent le voyageur que je suis.

        Parti à la recherche de mes racines, je n'ai pas retrouvé le valeureux compagnons d'Hercule, ni le glorieux centurion romain, encore bien moins le noble chevalier Lombard, Normand ou Angevin. Bien qu'il existent des armoiries au nom des Madonna ; "fleurs de lis, sur bandeau Or", et c'est aussi le blason de la ville de Résina ? Le nom des Madonna apparaît vers 1531 à la cour des Médicis. Je me suis contenté du modeste tailleur d'habits, Pasquale Madonna ,né en 1745 à Résina, mon plus vieil ancêtre retrouvé.

        Selon la tradition mythologique, la ville fût fondée par Hercule lui-même, au retour de son voyage en Ibérie où il avait effectué le dixième de ses douze terribles travaux ; la capture du troupeau du monstre Géryon. C'est ainsi que la ville fût appelée Herculanum par les latins et Héraklion par les grecs.

        En effet, les habitants grecs de Néapolis et de l'autre importante colonie grecque de la région de Cumes, dominèrent Herculanum à partir du 6ième siècle avant J.-C. Un siècle plus tard, les Samnites les supplantèrent et contrôlèrent la ville pendant plusieurs siècles. Entre le 2ième et le 1er siècle avant J.-C., Herculanum fait partie des villes de Campanie qui combattent la menaçante hégémonie romaine durant la "guerre sociale" : une lutte féroce mais vaine, car en 89 avant J.-C., Herculanum, conquise par un légat de Silla, dût se rendre à Rome. Plus tard, la ville et d'autre centres conquis devinrent des municipes romains.

        Durant le siècle suivant sa conquête, Herculanum subit un grand développement démographique, politique et urbain, et prit une place non négligeable dans les ambitions des patriciens de Rome grâce surtout à son climat relativement doux et à sa position géographique enviable. L'économie d'Herculanum, contrairement à celle de la ville voisine Pompéi, principalement marchande, ne se basait pas essentiellement sur le commerce et sur l'artisanat, qui toutefois étaient florissants. La ville était un centre de villégiature renommé et mondain ; de nombreuses et élégantes demeures patriciennes, de typologies assez différentes et embellies de décorations raffinées, étaient situées, en position souvent panoramique, sur les pentes de collines couvertes de vignes. Ces villas contrastaient avec les humbles habitations urbaines du peuple, et les édifices destinés aux activités économiques étaient par contre rares. La circulation dans les rues de la ville ressemblait probablement plus à une promenade tranquille qu'à l'intense trafic commercial de Pompéi. La vie devait en somme se dérouler sur un rythme plutôt lent et reposant, typique des centres d'oisiveté choisis par les patriciens romains, et exempt des activités industrielles et commerciales ou de la vivacité socio-politique de Pompéi.

        Toutefois, en 63 après J.-C., ce développement fût brusquement interrompu par un terrible tremblement de terre qui dévasta Herculanum et toute la Campanie. Le patrimoine aussi bien public que privé de la ville subit d'immenses dommages, et d'imposants travaux de restauration ou même de reconstruction totale furent nécessaires pour remettre les édifices en état. Mais le séisme ne fût que le prélude d'une catastrophe bien plus grande, dont le Vésuve serait le protagoniste. Le 24 août 79 après J.-C., la ville d'Herculanum, qui était encore en phase de restauration des dommages causés 16 ans auparavant, fut envahie par un immense fleuve de boue et de détritus produits par l'épouvantable éruption du volcan. Au terme de l'éruption la ville était recouverte d'une couche de dix mètres d'épaisseur qui détermina la fin de la ville et son effacement de l'histoire.
 

 


        Abandonnée par ses habitants et ensevelie comme une précieuse momie dans un sarcophage impénétrable, la ville ne fût plus reconstruite. Le déclin de l'empire romain et les invasions barbares contribuèrent à une chute démographique importante et à une dégradation générale du paysage agricole. Les pentes du volcan redevinrent sauvages et incultes pendant de longs siècles. Seule et unique parenthèse de tranquillité qui, tout naturellement, coïncida avec un certain repeuplement des campagnes, celle de la domination lombarde, au 7ième siècle. La politique fiscale exaspérée et l'autoritarisme centralisateur de la domination normande qui débouchèrent, sans continuité aucune, sur la domination angevine, puis aragonaise, ne firent qu'accentuer la crise démographique des campagnes, aggravée par des années de disette et de fréquentes épidémies de peste qui poussaient les communautés rurales à émigrer en masse vers la ville en abandonnant leurs terres aux outrages du temps. D'autant plus qu'une nouvelle éruption en 1631 influença radicalement l'aspect des lieux, en soulevant de plus de vingt mètres le niveau du sol par rapport à l'antiquité.

        Seule l'arrivée des Bourbons permit un repeuplement sensible de la région, repeuplement qui, toutefois, était surtout concentré prés des côtes, et contribua au développement de la petite ville de Résina, sur une partie de la surface de la ville antique d'Herculanum.

        Un arrêté municipal de 1956 redonna à la ville son nom original : Ercolano. Elle est aujourd'hui la plus proche banlieue de Naples. Et si les alentours du Vésuve sont encore « à risque », l'expansion urbaine et touristique semblent vouloir tourner le dos à ce péril latent comme on tourne le dos à une malédiction.

 

 

A suivre.....

 

 

Armand 

 


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le 03-09-2008 14:59

AU COEUR DE L'AME RUSSE...


Moscou, Kiev, Leningrad du 16 au 26 août 1982




        Avec une superficie de 22,4 Mkm², soit un sixième des terres, l’URSS est le plus vaste pays du monde. Si 75% de son territoire se déploie en Asie, le petit quart non asiatique représente à lui seul plus de la moitié de l’Europe. De tous les coins du monde, on vient en URSS voir la capitale du premier Etat socialiste. Pour notre premier voyage nous avons nous aussi, comme Alexandre Dumas, succombé à la curiosité. Au cœur de la Sainte Russie, Moscou, Kiev et Leningrad sont trois joyaux culturels et artistiques…

        Une petite escale à Paris (Aéroport d’Orly) et six heures plus tard nous sommes sur le territoire de Tolstoï, Gorki, Dostoïevski etc… Les textes de « Guerre et Paix, Ma vie d’enfant, Crimes et Châtiments » s’extraient de notre mémoire pour nous faire patienter au poste de police. Un cerbère, en uniforme étincelant, droit comme un « I », examine nos passeports pendant plus d’un quart d’heure. Un autocar des années cinquante nous dépose en fin de soirée à l’hôtel « Rossia ». C’est un complexe de 2500 chambres sur dix sept étages avec une dizaine d’ascenseurs. Une vitrine du gigantisme soviétique dans laquelle, si vous ne disposez pas d’un plan, il vous est impossible de retrouver votre chambre pour la nuit ! …

        Les trois premiers jours seront consacrés à la visite de Moscou. La ville rouge aux cent coupoles dorées, forte de ses neuf millions d’habitants, croque la vie comme des zakouski ! Moscou avec ses vieux et ses nouveaux quartiers, ses zones protégées qui recèlent d’innombrables monuments d’histoire et de culture russes. On y trouve des souvenirs de la Révolution, des souvenirs de hauts faits d’armes et d’exploits au travail ; les centres industriels et scientifiques, les établissements d’enseignement, les musées, les théâtres, les installations sportives, les monuments d’architecture, etc…
         


            Moscou frappe par sa démesure, par son développement impétueux, sa vie bouillonnante, sa jeunesse qui en font l’attrait principal de cette ville huit fois centenaire. Notre itinéraire, forcément restreint, nous permet d’admirer quelques splendeurs dignes d’intérêt :

- La Place Rouge : La plus importante du pays des soviets, elle a été le témoin de nombreux évènements capitaux de la vie russe.
- Le Mausolée de Lénine : où repose le corps du grand révolutionnaire. Toutes les heures, au son du carillon de la Tour du Sauveur, la garde est relevée aux portes du mausolée.
- Basile le Bienheureux : Ici se dresse la multitude de coupoles de cette œuvre surprenante de l’architecture russe. La cathédrale commencée en 1555 sur l’ordre d’Ivan le Terrible fut terminée en 1561.
- Le Musée d’Histoire : Bâtisse de briques rouges imitant le style du 17ième siècle, ses façades sont couvertes d’arabesques.
- Le Kremlin : Il constitue le cœur de l’immense ville et aussi du pays tout entier. C’est là que siègent les institutions gouvernementales de l’Union Soviétique.
- La Tour du Sauveur : 68 m de hauteur, elle a toujours été l’entrée d’apparat. Elle est la plus belle de toutes les tours du Kremlin, alliant harmonieusement grandeur et grâce.
- La cathédrale de l’Annonciation : Un chef d’œuvre de l’art des maîtres russes de la période couvrant la fin du 14ième siècle.
- Le Tsar des Canons : Posté non loin du clocher d’Ivan le Grand, c’est un chef d’œuvre de la fonderie russe : 40 tonnes, plus de 5 m de long, calibre 890mm.
- Le Palais des Congrès : Un majestueux monument qui vient s’ajouter à l’ensemble architectural du Kremlin en 1961.
- L’Eglise Sainte Barbe : Une petite église près de la Place Rouge, merveilleux spécimen du classicisme russe de la fin du 18ième siècle.
- L’Eglise de la Conception de Sainte Anne : A proximité de l’hôtel Rossia, une construction en pierre de la fin du 15ième siècle.
- La Tombe du Soldat Inconnu : Au centre de la grande pierre, adossée au mur d’enceinte, brûle une flamme éternelle amenée de Leningrad où reposent les combattants héroïques de la révolution.
- L’Université Lomonossov : Depuis 1940 c’est la plus importante des grandes écoles d’URSS, un des pôles de la science mondiale. Près de 30 000 étudiants, dont 2 500 étrangers de 105 pays, suivent les cours de 17 facultés…
         


        En dehors de ses monuments prestigieux, Moscou nous invite aussi à flâner dans ses rues, vieilles et nouvelles, à assister aux spectacles de ses théâtres, à visiter ses galeries de peinture, à emprunter son métro unique au monde pour sa décoration. Aux grès de nos promenades nous avons découvert au coin du Passage Serov : le siège du Comité Central de l’Union des Jeunesses Communistes ; l’église de l’Archange Saint Michel qui date de 1662 ; l’exposition des réalisations de l’économie nationale…
         
        Nous nous sommes installés aussi souvent que possible aux tables de ses cafés rétros pour sentir battre le pouls énergique de ses habitants, qui après vous avoir entendu commander dans un mauvais anglais une bière ou une vodka, viennent s’enquérir du mode de vie en France…

        Il y a aussi bien des curiosités à voir en poussant au-delà du périphérique dans les environs de Moscou. Là, la nature russe s’offre à nous dans toute sa beauté, avec ses forêts, ses taillis, ses rivières petites et grandes, ses champs et ses près. Nous y avons découvert des monuments à la gloire des héros, des vieux domaines à l’architecture classique, transformés en musées, des églises et des monastères comme le Monastère Novodévitchi : un ensemble architectural unique qui s’est formé au cours des 16ième et 17ième siècles…
         
        Nous quittons Moscou à bord d’un « Antonov 180» qui atterrit deux heures plus tard à Kiev où nous attend notre guide Nathalie. Kiev est le berceau de l’ancienne Russie. Elle est aujourd’hui l’un des plus grands centres industriels du pays, et son intense activité scientifique lui vaut le titre de Cité des Sciences. La ville est née au bord du Dniepr, dans un site vallonné d’une grande beauté. Nous y restons deux jours pour visiter la Laure de Petcherks, un joyau, car c’est le lieu de pèlerinage le plus fréquenté de toutes les Russies…
         
        On ne peut quitter Kiev sans se rendre à la campagne, où les constructions d’époque sont entretenues avec beaucoup d’amour par les paysans. Puis direction l’aéroport pour prendre un vol intérieur (le transport le plus économique en Russie) qui nous dépose trois heures plus tard sur le tarmac de Leningrad où nous attend notre nouveau guide Petrovna…

        Quatre jours ne suffisent pas pour profiter de trois cent ans de beauté ! Nous retenons notre souffle ! Voici, surgit du delta de la Neva, le rêve de Pierre le Grand : Saint-Pétersbourg, inspiré par Versailles, est posé à fleur de canaux, comme Venise. L’histoire commence en 1703, lorsque le tsar Pierre le Grand, admirateur de la France et de ses fastes, décide de transformer ce qui n’est qu’un vaste marécage en « fenêtre sur l’Occident ». En 1917, elle est promue capitale de la Russie. Elle enroule les rubans de ses palais autour de sa triple ceinture fluviale dans une harmonie architecturale qui brille d’un feu inégalé depuis des siècles…

        Passé l’Ermitage aux bulbes d’or et aux façades vert pâle et nous voilà happé par la foule incessante sur la Perspective Nevski, le cœur de la cité impériale. Sur la Fontanka, des enfants de six ans, vendent la Pravda aux quelques voitures arrêtées au feu rouge. La Perspective Nevski (en russe : Невский проспект), ou l’avenue de la Neva, est l’avenue principale la ville de Saint-Pétersbourg, elle s’étend sur 4,5 km.
Planifiée par Pierre le grand pour être un point de passage de la route Novgorod - Moscou, l'avenue fut percée au cours de l’année 1760 dans une forêt. Elle va de l’Amirauté à la gare de Moscou (achevée en 1851), en passant par la place Vosstaniya jusqu’au monastère Alexandre Nevsky…
         


        Née du délire de grandeur d’un tsar, la ville de Leningrad est devenue aujourd’hui une star architecturale pour l’éternité. Elle nous offre un florilège de monuments d’une élégance souvent sobre et majestueuse d’où émergent les bulbes verts, rouges, jaunes et or du bouquet de ses églises que nous visitons chaque jour :

- Le Palais d’Hiver : Chef d’œuvre de l’art baroque, devient en 1917 le siège du gouvernement provisoire. Actuellement il fait partie des bâtiments qui composent le Musée de l’Ermitage. La place du palais est une des plus anciennes de la ville. Au centre se dresse la colonne d’Alexandre.
- Le Musée de l’Ermitage : Le portique qui marque l’entrée est décoré de dix figures d’atlantes de granit. Il est relié au vieil Ermitage par un arche qui enjambe le canal. Second musée du monde après le Louvre, tous les peintres majeurs y sont exposés : Michel Ange, Rembrandt, Corot… sa visite est un merveilleux moment, un régal absolu.
- La Forteresse Pierre et Paul : Là ou reposent les Romanov. Elle est dominée par la cathédrale, dont la flèche dorée servait de point de repère aux habitants de la ville. Dès 1718 elle servit de prison à plusieurs générations de révolutionnaires.
- La cathédrale Saint Isaac : Elle fait office de musée depuis 1932. Elle évoque ainsi, le labeur infernal des dizaines de milliers de serfs qui construisirent ce grandiose bâtiment.
- Le croiseur Aurore : Le croiseur s’amarra près du pont Saint Nicolas le 7 novembre 1917 et à 21 h 45 retentit le coup de canon historique, qui donna le signal de l’assaut du Palais.
- Pétrodvorets : Ces parcs et ces palais forment un des plus remarquables ensembles des environs de Leningrad. Conçu par Pierre le Grand, et disposé au bord du golfe de Finlande, il devait symboliser la puissance et la grandeur de la Russie.
         


        Les promenades le long de la Neva en suivant les canaux nous font découvrir des petits ponts bossus qui font songer à Venise. Des palais à profusion bordent les berges, tous plus fastueux les uns que les autres, certains jusqu’au délire, tel celui de la famille Youssoupov : cent vingt pièces intactes, une salle de théâtre rococo couverte d’or et le souvenir de la mort de Raspoutine dans ses murs ! Il faut aussi voir la gare ferroviaire de Vitebsk et le magasin Elisseïev sur la perspective Nevski et visiter les stations sud de la ligne «1» du métro, superbes illustrations des « palais du peuple » voulues par Staline…
         
        Vous l’avez compris, cette cité est un pur régal…A vous d’en juger. Tout commence au bar, avec un verre de vodka et des cornichons. Un violoniste, tout droit échappé d’un roman de Gogol, vous accueille au son de sa balalaïka qui s’endiable quand vous passez à table pour les zakouski (hors d’œuvres) : caviar rouge sur blinis, morceaux d’anguille et de hareng fumé, roulade de porcelet… la vodka coule à flots. Suivent les raviolis sibériens, arrosés d’un vin géorgien. Et pour achever ce festin, glace à la vanille à gogo. Et, bien sûr, une dernière vodka, pour la route ! …

        « …Ces nuits porteuses de rêves ou, sans allumer ma lampe dans ma chambre, je lis, j’écris… », disait Pouchkine. Pour fêter ce rêve d’été, tous les ponts de la ville se lèvent en même temps, chaque nuit d’août, à deux heures du matin. Un spectacle inoubliable…

        Dans le petit matin brumeux nous reprenons la route de l’aéroport : direction la France. Notre voyage s’achève en traversant une forêt de bouleaux qui jouent avec les premiers rayons du soleil. C’est un Kaléidoscope qui nous renvoie des souvenirs déjà jaunis par le temps qui passe. Nos yeux ont du mal à rester ouverts (il ne faut pas abuser de la vodka), mais peut importe ! Quand les paupières s’abaissent rejaillit Pouchkine, le plus grand des poètes russes, Nikolaï Gogol, Ivan Tourgueniev, Fédor Dostoïevski qui nous attendent dans le quartier du canal Griboïedov…

 

 

Andrée et Armand

 


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le 03-09-2008 14:38

AUX CHAMPS ELISEES EN JUILLET 2008

Coucou,

Je suis à Paris dans un gîte... Je suis monté à pied jusqu'en haut de la tour Effel, je suis allé à l'Arc de Triomphe, au Musée Picasso et aux Champs Elisées puis au Musée Grévin et au centre Pompidou... Je passe de bonnes vacances... 

 

Alexia 

 


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le 03-09-2008 12:55

LA PIERRE BRUTE

 

 

 

        Reconnue pour sa pérennité la pierre est, dans de nombreuses civilisations, le symbole du pouvoir divin. L'homme a vite compris qu'il pouvait arracher à certaines pierres des étincelles, et observé que d'autres tombaient du ciel ou possédaient des formes singulières.


        Dans les civilisations préhistoriques, les pierres servaient à la fabrication des outils et des armes, ce qui nécessitait à l'évidence des connaissances relatives à la qualité du matériau. La coutume de construire des édifices sacrés à partir de blocs de pierre (les dolmens, les cercles de pierre, les allées de pierre) est largement répandue et remonte aux environs de 6000 av. J.-C. Dans nombre de mythologie, des êtres surnaturels ou humains naissent des pierres. En Orient, la pierre était le signe de la présence divine et elle était honorée au moyen de liquides sacrificiels ou ointe avec de l'huile et du sang. Elle se transforma ainsi en autel (la maison de Dieu). Les simples tas de pierres (Kerkuren en Afrique du Nord, Obo en Asie centrale) peuvent également avoir une signification religieuse. Dans l'Exode ( chapitre XX, versé 25), il est dit des blocs de pierre brute formés par la nature sans être travaillés par l'homme : "Mais si tu me fais un autel de pierres, tu ne bâtiras pas en pierres de taille, car en y passant ton ciseau, tu les profanerais". Voilà pourquoi la splendeur du Temple de Jérusalem fut un scandale aux yeux des Juifs orthodoxes.


        Dans la mythologie grecque, c'est une pierre qui occupe la place du premier des dieux : le dieu primitif Cronos (Saturne). Dans la légende grecque du déluge, le couple humain survivant, Deucalion et Pyrrha, crée à partir des pierres, "les os de la Terre-Mère" qu'ils jettent derrière leur dos, une nouvelle race humaine pour remplacer l'ancienne humanité engloutie dans les flots.


        Dans la symbolique chrétienne, la pierre est souvent rattachée à la lapidation que les anciens Juifs pratiquaient envers les blasphémateurs ; on la trouve ainsi dans les représentations de saint Etienne, le premier martyr, et plus rarement sur les tableaux où figure le pénitent saint Jérôme qui, en signe de contrition se frappe la poitrine avec une pierre.


        Dans l'iconographie alchimique, la "pierre philosophale" est le symbole de l'objectif ultime de la quête qui consiste en la transformation des métaux impurs en or. Cette pierre est à l'évidence la pierre spirituelle, la pierre extraite de la matéria prima, dégrossie et travaillée jusqu'à ce qu'elle devienne l'équivalent du Christ ainsi que la "pierre angulaire" du Grand Œuvre.


        Dans la symbolique maçonnique, la "pierre brute" représente le grade d'apprenti ; l'objectif à atteindre est la "pierre taillée" que l'on pourra intégrer à la construction du grand Temple de l'humanité. Cette symbolique remonte aux chantiers de construction des cathédrales où le travail de la pierre était essentiel. Les clefs de voûte étaient souvent pourvues des signes de maîtrise des tailleurs de pierre, dont certains rappellent les dessins des runes. En tout état de cause, le passage de la pierre brute à la pierre taillée représente généralement le progrès de l'esprit et de l'âme, la transformation divine de la matière informelle en symbole de connaissance et d'illumination.


        L'apprenti maçon observe le maître pour acquérir les connaissances élémentaires et, surtout, celle de l'usage des outils. Ce n'est pas simple. Car chaque outil est porteur d'une sagesse, d'une expérience, d'une volonté, et comprendre pourquoi il est fait, c'est déjà acquérir une idée du travail à poursuivre.


        Pour l'apprenti franc-maçon travailler sur le chantier à dégrossir la pierre brute c'est tout simplement discipliner son corps et maîtriser ses émotions, c'est découvrir les points d'impact et les moyens de provoquer la séparation des parties inutilisables et grossières. Certes, sur le chantier, il semble être à part, isolé, mais c'est une impression inexacte, précisément parce qu'il prend conscience sur le chantier, de tout ce qu'il doit à ceux qui l'on précédé, à tous ceux qui ont déjà préparé les lieux, les outils, les techniques. Et dans une certaine mesure, s'il sait se plier à la discipline, il acquiet le sens de la solidarité nécessaire et de l'humilité indispensable à tous progrès.


        Il n'est pas aisé de se servir soi-même du ciseau ou du maillet pour tailler sa propre pierre. Aussi les autres, en nous y aidant, nous façonnent. Car le chantier doit être dirigé, et les travaux ordonnés, de telle sorte que les destinations soient connues, les tâches programmées et les essais tenus pour tels. Parce que l'homme est comme la pierre, un complexe, et si l'on confond tout, il n'y a aucune espérance fructueuse.


        Il est vrai que la vie se charge de dresser ou de polir les pierres qui roulent. On sait combien les cailloux de Crau, roulés par la Durance sont arrondis, et doux au toucher. Ils peuvent être utilisés comme d'autres plus travaillés, mieux rectifiés. C'est une question de technique d'assemblage. On ne les taille pas indifféremment selon leur destination.On ne les taille pas toujours de la même façon selon leur nature. Mais sans doute, l'Art majeur, c'est la construction qui s'élève avec des pierres qui s'adaptent avec le ciment des frères et des sœurs,  et seulement par destination préalable.


        Car la pierre brute ?… C'est moi !…


        Je dois devenir pierre taillée pour m'inscrire dans l'édifice, l'édifice qui est le temple… Mais je fais partie de l'ensemble, je ne suis pas pierre isolée… Je prends conscience d'être avec toutes les autres pierres… Mais alors, je suis à la fois créature et création… Je suis créature et création tout à la fois de moi-même et de mon Frère ou ma Sœur !… Je suis la pierre du Temple et le Temple !…


        Quel est le sens de cette nouvelle conscience que je découvre en moi ?


        Cela donne à réfléchir. Alors avant de continuer de disserter sur la taille des pierres humaines, moi l'apprenti je vais méditer sur les enseignements d'un tailleur de pierre non symbolique. J'écoute, je regarde, mais surtout je me tais pendant suffisamment de temps pour commercer à m'améliorer……

 

Jakin 

 


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le 03-09-2008 12:28

SUR LA ROUTE DU BUGEY

 
 


 
        « L’Ain n’a pas fini de vous surprendre », c’est dans ces termes que le Comité départemental du tourisme met en avant la diversité de ses paysages, la palette de ses richesses patrimoniales et de ses curiosités naturelles ou encore la qualité de ses sites aménagés. Découvrir des pays, partager un territoire, rencontrer des habitants, échanger sa culture, l’Ain est multiple, l’Ain nous ressemble. Nous décidons donc de parcourir les quatre routes touristiques pour découvrir en profondeur la Bresse, la Dombes, le Bugey et le Haut Bugey, sans oublier le Pays de Gex, blotti aux portes de Genève sur les pentes de Monts Jura…

        Quatre heures de route suffisent pour inspirer l’air pur et expirer le quotidien entre montagne et campagne. Le corps et l’esprit peuvent se ressourcer. La quiétude des étangs de la Dombes, les multiples lacs naturels du Bugey ou les panoramas des plus hauts sommets du Jura nous apporteront une agréable sérénité…

        Le passé émerge de la terre et partage ses histoires avec les visiteurs. Entre l’incontournable Pérouges, le Monastère royal de Brou ou les traces laissées par les grands hommes de l’Ain, les trésors d’antan se mêlent à la vie locale. Quel dépaysement !…

       Nous avons pris nos quartiers pour sept jour à l’Auberge Campagnarde, un établissement tenu par la famille Merloz depuis plusieurs générations dans le petit village d’Evoges. Un petit bijou culinaire dans un décor champêtre, une cuisine féminine de produits naturels avec la générosité du terroir. Un art du bien manger pour des moments magiques qui nous enivrent d’odeurs et de couleurs pour goûter à tous ce que nos papilles ne connaissent pas encore !…
  

   
        Pour y arriver c’est tout droit : Autoroute A7 jusqu’à Vienne, puis contournement de Lyon, direction Genève - sortie Saint Rambert. Ont quitte la départementale pour le village circulaire d’Oncieu puis on monte à travers un chemin jusqu’au col d’Evoges. La route descend légèrement, passe devant un étang et s’engage dans une ruelle étroite, à trois cent mètres on tourne à droite, une prairie offre un parking ombragé, des pélargoniums de toutes les couleurs vous accueillent…
     
        La valise déposée, nous partons à la découverte de ce village touristique. Le village est désert, nous descendons la rue principale qui passe devant la mairie et qui nous mène à l’étang de Buynand ou quelques touristes pêchent en toute tranquillité. Plusieurs canards et deux poules agrémentent les berges de ce plan d’eau que nous empruntons pour une première promenade. A l’extrémité sud, des tables sont aménagées pour le pique-nique et une table d’orientation indique les divers sentiers pour les marcheurs : le sentier de mémoire, la falaise de Narse, le village d’Oncieu et deux bases de départ pour le parapente…
       


        Sur le chemin du retour, le village s’anime enfin et nous pouvons rencontrer les premiers habitants : un cheval de traie qui broute un carré d’herbe à l’entrée du hameau et un troupeau de vaches qui revient des pâturages sans fermier. Il faut croire que ce village est une immense ferme ou les animaux sont roi car les seuls humains que l’on rencontre se trouve à l’Auberge campagnarde ?…
     
        Après une bonne nuit de repos, nous décidons de commencer notre aventure dans l’Ain par le Bugey : Cascades et lacs, vallée et collines, plateaux et crêtes, entre le Rhône, la rivière d’Ain et la montagne jurassienne, cette région présente une variété étonnante de paysages verdoyants et généreux. La route conduit de village en village à la découverte d’un vignoble renommé et à la rencontre de viticulteurs passionnés. Dans cette espace décrit par Brillat-Savarin comme « un jardin anglais de cent lieues carrées », les plaisirs s’enchaînent avec bonheur et tout en douceur. Quelques kilomètres d’une route sinueuse entre Aranc et Labalme nous conduisent au domaine des grottes du Cerdon : Un monde à part !…
     


        Nichées dans un cadre de verdure, les grottes du Cerdon nous font découvrir un monde venu du fond des âges. Un petit train touristique nous conduit jusqu’à l’entrée du domaine souterrain. Nous poursuivons ensuite à pied, dans le lit de la rivière aujourd’hui disparue, ce parcours étrange, surprenant et grandiose : résultat du lent travail des eaux tumultueuses des grandes périodes glacières…
     
        En cascades ou en torrents bouillonnants, en petits lacs ou plan d’eau reflétant le bleu du ciel, l’eau coule sous toutes ses formes dans le Bugey. De la zone montagneuse calcaire, elle s’infiltre pour rejoindre la plaine du Rhône. Cette région offre des eaux dormantes comme le lac d’Arboréaz à Colomieux, magnifiquement filmé dans les « Enfants du Marais », et des eaux vives, comme celles des cascades de Gilandieu et de Cerveyrieu. A certains endroits, elle a laissé des traces spectaculaires de son passage comme dans les grottes de Cerdon. Après un débouché sous un porche majestueux, les personnes qui le souhaitent et qui ne craigne pas un dénivelé de dix huit étages, peuvent poursuivre la visite de la grotte jusqu’au belvédère et ainsi dominer toute la vallée du Cerdon. Nous avons fait partie de cet exploit sportif. Quel mal nous a pris ? Car nous avons perdu notre respiration au sommet pour un bon moment. Puis nous sommes remontés à notre rythme par un sentier en sous bois jusqu’à l’accueil…
     


        Midi est dépassé quand nous arrivons sur la plate forme. Nous sacrifions l’éternel sandwich « hot dog » dans le parc ombragé sous un abri forestier avant de faire quelques pas sur le sentier de la connaissance en suivant le parcours de l’évolution humaine et de la chronologie terrestre. Tout ceci afin de résoudre l’énigme de la « caverne des sens » sous la tente laponne…
     
         Le territoire du Bugey témoigne d’une histoire très ancienne : fouilles archéologiques mettant à jour des outils de l’âge de pierre à Ambérieux-en-Bugey, voie romaine de Belley à Genève, abbaye du 10ième siècle à Ambronay, fort des Allymes bâti au 13ième siècle, Palais Episcopal construit à Belley au 18ième siècle… Comment ne pas avoir envie de remonter le temps ? Après avoir été annexé, échangé, transmis par héritage, le Bugey se trouve sous domination savoyarde jusqu’en 1601, date à laquelle il est rattaché à la France…
 


        Pour découvrir tous ces vestiges nous reprenons donc la route des villages. Premier arrêt Ambronay : petit bourg médiéval avec petites ruelles ; une porte du 12ième siècle sur les remparts et un ancien château du 16ième siècle qui abrite aujourd’hui l’hôtel de ville…
     
        Puis nous partons à la découverte de l’église abbatiale Notre Dame, ancienne abbaye bénédictine fondée au début du 10ième siècle, florissante aux 12ième et 13ième siècles, agrandie au 15ième siècle par l’abbé Jacques de Mauvoisin. C’est un chef d’œuvre de l’art gothique : tour Dauphine et tour des Archives, chapelle Saint Jacques et Sainte Catherine, cloître à deux étages avec un bel escalier Renaissance…
   

 
        La route accrochée aux pentes escarpées des Monts d’Ain serpente sur cinquante kilomètres, le long de la rivière. Villages pittoresques, falaises impressionnantes, points de vue saisissants, méandres argentés de l’Ain, ouvrages d’art imposants… A chaque virage le spectacle se renouvelle. Nous traversons maintenant le village de Jujurieux avec son église néogothique du 19ième siècle et son château  médiéval qui ne se visite pas…
     
        Puis nous voilà à Douvres, village de Piémont, qui débouche sur la vallée de la Corance avec ses vielles maisons dont certaines sont du 14ième siècle et son four banal encore en activité. Bâti en pierre et couvert de lauzes, ressemblant à une drôle de petite chapelle, le four banal (nom tiré d’une taxe médiévale : La banalité) trône au cœur de chaque village. Propriété de la commune, il permettait autrefois aux habitants de venir y cuire leur pain. Nombre de fours variait selon l’importance et la localisation de la population. Aujourd’hui, en sommeil une grande partie de l’année, ils se réveillent d’avril à septembre à l’occasion de fêtes gourmandes et conviviales…
     


        La balade se termine au creux d’un vallon par le village de Nivolet-Mongriffon qui a la particularité d’être composé de deux parties distinctes séparées par quelques kilomètres. Les curiosités y sont nombreuses : fontaines, lavoirs, travail. Mais le rendez-vous à ne pas manquer, nous dit-on, c’est la fabrication et la cuisson à l’ancienne du pain au four communal. Le pain étant la nourriture de base des ménages modestes, tous les dix jours environ, le pain était préparé avec le levain, pétri à la maison puit cuit au four banal en trois fournées journalières avec fourniture de fagots pour la chauffe. L’ordre de passage des villageois était déterminé par un tirage au sort. Toutes ces explications nous ayant donné faim, il est temps de retrouver le col d’Evoges pour un repos bien mérité…
     
        Deuxième journée de visite dans le Bugey, mais ce matin nous partons pour les marais en direction du petit village de Lavours. Sur la place pas âmes qui vivent, seulement une ancienne charrette décorée de pélargonium pour vous accueillir, même la mairie est fermée…
     


        Le dépliant touristique indique Marais de Lavours, nous y sommes, mais point de marais à l’horizon et comme le village est désertique nous partons à la recherche d’un humain pour retrouver le marais. C’est ubuesque ! Heureusement que nous sommes en vacances ! Enfin nous trouvons un paysan dans son champ qui nous indique la direction. En réalité le marais se trouve dans la localité d’Aignoz quelques kilomètres plus hauts. Nous garons la voiture dans un près ombragé et nous partons à pieds vers le petit hameau ou se trouve la Maison du Marais. Un espace de découverte de six salles réparties dans quatre bâtiments avec spectacles audiovisuels, image de synthèse et interactivité. La visite commence dans un amphithéâtre qui propose un film documentaire « regards sur le marais » et se poursuit par des bornes sonores et des expositions d’outils, une balade thématique très enrichissante…
     
        A la sortie de cette exposition les douze coups de midi ont déjà sonné depuis longtemps et notre hôte nous indique la ferme voisine qui propose des petits repas. Nous nous laissons tenté par une assiette de produits locaux avec un pichet de Bugey rosé le tout servi sous un hangar aménagé en salle de restaurant. Un bon moment de détente dans un espace convivial ou les fermiers ont aménagé sur le chemin qui mène vers l’entrée des enclos contenant des animaux de la ferme et quelques animaux exotiques comme un lama…
     


        Après le café maison, dont ont reconnaît l’odeur du grain broyé au moulin, nous reprenons le chemin du marais de Lavours. Un voyage passionnant et dépaysant au cœur de l’un des derniers grands marais continentaux d’Europe de l’Ouest. Créée en 1984, la réserve naturelle préserve 474 ha d’un marais tourbeux, au patrimoine biologique exceptionnel. Le parcours aménagé sur pilotis nous transporte dans le marais sur plus de deux mille quatre cent mètres qui se divise en deux parties : un sous bois avec points d’observation et une clairière dégagée…
     
        Après une heure de marche dans la partie en sous bois nous rencontrons les premiers bovins Highlands qui se nourrissent à l’ombre des feuillus. Compte tenu de la chaleur de l’après-midi seul le son des oiseaux parvient à nos oreilles et ils nous accompagnent bien agréablement pendant tout le trajet. Même posté en silence dans les cabanes surélevées nous n’avons pu observer que le mouvement des herbes sur les étangs. Mais ces moments de recueillement avec la nature nous ont été salutaires…
      


        Nous partons maintenant pour la capitale historique du Bugey. Belley est une ville riche d’un patrimoine historique et religieux dont les bâtiments que nous allons découvrir sont les témoins. Un parcours pédestre nous permet également de marcher sur les traces de personnages illustres qui ont vécu dans la ville tels que Jean-Anthelme Brillat-Savarin et Alphonse de Lamartine. Les vieilles demeures de la Grand rue nous conduisent vers le lycée Lamartine où le poète effectua une partie de ses études (1803-1808), puis devant la maison natale de Brillat-Savarin au numéro 62, puis on tourne à droite dans la rue Sainte Marie qui mène au Palais Episcopal (18ième siècle) et à la cathédrale Saint Jean-Baptiste qui comprend un cœur et un transept du 15ième siècle, une nef et un clocher du 19ième siècle et qui détient les reliques et châsse de Saint-Anthelme…
     
        Avant de reprendre le col d’Evoges et rejoindre l’Auberge Campagnarde nous faisons une pose détente dans le petit village d’Oncieu. Curieusement construit en rond autour d’un grand verger ce village est classé aux sites historiques. Le diamant du Bugey comme on le surnomme possède une église et une auberge typique pour le repos…
     


        Ce matin nous partons pour la Dombes souvent décrite comme un vaste plateau argileux, creusé de mille étangs. Aux frontières de l’air et de l’eau, entre terre et ciel dont elle est le miroir. Au-delà du silence, la Dombes résonne, depuis la nuit des temps, de clapotis, de chants, de bruissements, de cris intermittents… de son peuple d’oiseaux, de poissons, de plantes aquatiques. La route de la Dombes se faufile au cœur de la vie sauvage…

     Paisible invitation à pénétrer cette nature profonde, elle témoigne aussi de la persévérance et de l’ingéniosité dont l’homme a dû faire preuve pour s’adapter à ce milieu si particulier. Elle découvre comment un étang devient champ et inversement, salue la silhouette rougeoyante d’un château médiéval tout en demeurant sous le charme d’un village en fleurs… 


        Nous décidons de passer la journée dans le village médiévale de Pérouges. Sur sa colline le village est le type même de la cité du Moyen age. Ville d’artisans où nul seigneur n’a jamais régné, la culture et le tissage de la toile étaient les deux ressources de ses habitants qui, dès 1236, avaient des franchises communales…
     
        En déambulant dans le village nous ne trouvons pas de riches vestiges, mais un ensemble à nul autre pareil où les maisons patriciennes et celles plus modestes des artisans, donnent à ses rues aux pavés inégaux, cet aspect si pittoresque. Eglise forteresse du 15ième siècle, place de la Halle et son tilleul bicentenaire enchantent les yeux des visiteurs. Chaque rue apporte son lot de surprise : enseigne en fer forgé, fenêtre colorée de carreaux mosaïques, porte massive en bois de chêne et étales flanquées aux fenêtres des artisans nous donnent une idée très précise de la vie au Moyen Age. Conservée dès 1911 par l’administration des beaux-arts et le Comité de Défense elle attire les cinéastes qui continuent d’y tourner les extérieurs de nombreux films… 


        Quand le moment fut venu de se restaurer, pas de problème ! Il suffit de se servir sur les nombreuses étales des artisans et de payer à l’intérieur des minuscules boutiques. Pour goûter aux spécialités de la Dombes, nous avons l’embarras du choix ! Grandes toques renommées et petites tables discrètes savent accommoder, depuis toujours, les produits de la terre, de la pêche et de la chasse, selon la tradition ou la fantaisie de leurs chefs…
     
        Ce matin c’est au tour de la Bresse de recevoir notre visite. Entre les berges de la Saône et les contreforts du Revermont, la Bresse est un pays de bocage et de grandes étendues verdoyantes légèrement vallonnées. Ici, une cheminée sarrasine révèle la présence de ces typiques fermes à pans de bois où l’on élève la célèbre volaille de Bresse. Ici, une église romane séduit par sa pureté. Là, un monastère gothique flamboyant étonne. Au beau milieu de l’été, les animations des fêtes de villages rappellent que les traditions se perpétuent dans la bonne humeur et autour d’une table riche en saveurs. De villages fleuris en rendez-vous gourmands, la route de la Bresse est un plaisir autant pour les yeux que pour le palais !…
 


            Nous visitons d’abord l’ancienne cité des ducs de Savoie : Pont de Vaux. Le village se trouve au bord d’un canal et d’une écluse sur la Saône. Un port de plaisance offre des mini-croisières sur un bateau avec pont soleil. Arrivé en retard nous n’avons pas put en profiter. Heureusement qu’il y avait une église avec chapelle et chœur gothiques et le Musée Chintreuil, un enfant du pays devenu peintre, pour nous occuper jusqu’au repas. Aux côtés de ses toiles, sont exposées celles de peintres régionaux, tel que Migonney, Firmin-Girard, Boulanger et Jourdan. La Saône, la Reyssouze et les prairies inondables sont largement représentées par leurs œuvres…
     
        Repas que nous prenons dans un parc ombragé le long du canal. Pas de table gastronomique avec le célèbre poulet de Bresse à la crème, crêpes vonnassiennes, et gâteau de foies de volailles… mais un pique nique improvisé avec des fruits du jardin : abricots, pêches et prunes accompagné d’un jus de carottes et d’un « château la pompe » cuvée 2008. Tout le monde aura compris après plusieurs jours de ripailles il faut de temps en temps alléger les calories.
     


        Nous poursuivons notre route vers le village de Pont de Veyle, la petite Venise bressane. Il y a de nombreux ponts sur la Veyle et sur ses bras. C’est une ancienne cité fortifiée : porte de l’horloge, maison du guetteur, maison des Ducs de Savoie, église de style jésuite et parc du château aujourd’hui Prévôté des Compagnons du Devoir que nous avons en vain tenté de visiter…
     
        Nous voilà maintenant à Bourg en Bresse la capitale régionale que nous traversons jusqu’au Monastère royal de Brou. Commandé par Marguerite d’Autriche et construit entre 1506 et 1532, le monastère est une merveille de l’art gothique flamboyant. Veuve à l’âge de 24 ans, Marguerite d’Autriche réalise le vœu de sa belle-mère en faisant rebâtir le prieuré de Brou à sa gloire et en signe de l’amour qu’elle portait à son défunt époux : Philibert le Beau, Duc de Savoie. Cet édifice se distingue par le travail remarquable réalisé sur la pierre (chapelle, jubé qui sépare la nef du chœur), sur le marbre et l’albâtre (tombeaux), sur le bois (stalles), et par sa toiture en tuiles vernissées…
     


        Nous quittons Bourg en Bresse pour la route des sapins du Haut Bugey. De combes en cluses, de forêts en prairies, de montagnes en collines et de lacs en étangs la route des sapins parcourt une nature étonnamment riche et préservée, baignée d'air pur. Sillonnant un relief jurassien typique entre 250 et 1200 mètres d’altitude, elle invite à la découverte de grands espaces encadrés de paysages majestueux et d’une campagne verdoyante. Au détour d’un virage un imposant bloc de granit surgit de la colline pour rappeler aux visiteurs les sacrifices du maquis d’Echallon…
     
        La route dévoile aussi une grande variété de paysages de moyenne montagne. Ses chaînes sont entrecoupées de vallées plus ou moins larges et de cluses qui, comme des écrins, abritent en leur cœur des lacs naturels. Nous terminons notre ballade à Nantua dans un décor unique et multiple à la fois. Le lac classé en site naturel protégé depuis 1935 est d’origine glaciaire. On l’aperçoit dès la route d’Apremont. Un bon moment de détente au milieu des quenelles et des canards qui pataugent sur les berges. On resterait là indéfiniment devant ce tableau reposant mais il faut reprendre la route car le col d’Evoges est encore loin pour rentrer…
     


        Ce matin nous décidons de faire une promenade sur l’une des rivières qui traversent le Bugey. Le patron du restaurant nous conseille l’embarcadère de Poncin à une heure de route d’Evoges. Mais comme d’habitude le renseignement n’est pas assez précis et nous perdons du temps sur la rive droite puis sur la rive gauche de Poncin sans trouver le quai ! C’est par hasard en poursuivant notre route vers Chambod que nous trouvons enfin le fameux embarcadère. Heureusement que nous avons de la chance car le bateau n’est pas parti à l’heure, il attend un car de touristes qui doit chercher, comme nous, l’embarcadère. Bref nous voilà assis à l’avant du bateau…
     
        La promenade dure une heure et demi sur le lac vers le barrage d’Allemand puis jusqu’au pont de Serrières dans les méandres tranquilles des gorges de l’Ain dominés de forêts et de hautes falaises. La rivière d’Ain et l’une des plus belle de France (nous dit-on). Descendant du Jura, elle est l’épine dorsale du département. Elle s’épanouit particulièrement dans le site de Chambot-Merpuis. Durant la navigation une guide au sein gauche tatoué nous livre l’histoire de la rivière et de ses radeaux, sa faune, sa flore, son environnement et ses légendes…
     


        De retour à quai vers midi, nous sacrifions au pique nique sur la base d’accueil de l’île Chambod : brochettes de veau – frittes avec un vitel citron. L’île Chambod est une île artificielle, fruit des aménagements hydroélectrique réalisés sur la rivière. Un cadre naturel reposant et une base de plaisance dépaysante. Un plaisir dans la nature…
     
        Après le repas, certain s’adonne à la sieste réparatrice sur les bords de la rive gauche de l’Ain près d’une base de ski nautique…
     
        Poncin a gardé de son époque médiévale de vieilles maisons sur arcades, renforcées de puissants contreforts datant du 14ième et du 15ième siècles. D’anciens hôtels particuliers, dont celui de Bouvet, abritent des tourelles d’escaliers à vis et des restants de corps de logis style gothique. Sur la place du village des hommes s’affairent autour d’un brasier qui nous dit-on recevra plusieurs sangliers pour fêter le départ du boulanger…
     


        Avant de rentrer nous faisons un crochet au château de Varey. Situé sur la commune de Saint Jean le Vieux, le château a pris une part importante dans l’histoire du Bugey. Gardant l’entrée de la Gorge de l’Oiselon, et dominant la Plaine de l’Ain, il constitue un site remarquable. Rasée pendant la Révolution, mais reconstruit au 19ième siècle, la fière forteresse nous dévoile ses secrets…
     
        Ce matin au levé, le temps est couvert et de gros nuages menaçant se présentent au pied du col d’Evoges. Nous décidons de ne pas nous éloigner du village et nous partons pour une promenade le long de l’étang en passant par la petite chapelle locale. Sur le chemin du retour nous en profitons pour visiter les ruches et acheter du miel chez l’apiculteur voisin…
     
        Sur la terrasse de l’auberge nous dégustons un repas confectionné de poissons du cru arrosé d’un majestueux Bugey blanc, cuvée tradition, millésime 2005, un vrai bonheur. Nous avons juste le temps de boire un café et les nuages se déversent d’une pluie salvatrice qui rafraîchit immédiatement l’atmosphère. il ne nous reste plus qu’à faire la sieste…
     


        Le 28 juillet au matin au moment du départ, tout recommence comme dans une histoire sans fin : le troupeau de vache traverse le village toujours sans accompagnement pour les verts pâturages…
     

        Inspirez l’air pur et expirez le quotidien ! Entre montage et campagne, le corps et l’esprit peuvent se ressourcer. La quiétude des étangs embrumés et les multiples lacs naturels vous apporteront une agréable sérénité. Suivez toutes vos envies, vous en prendrez plein la vue !…

        Un lieu merveilleux où le passé émerge de la terre et partage ses histoires avec les visiteurs. Des précieuses fresques à Fléchères en passant par les rustiques fours à pain où le fameux mobilier bressan en noyer, merisier et loupe de frêne, les trésors d’antan se mêlent à la vie locale. Quel dépaysement !…

        Pour vivre à coup sûr des moments uniques : choisir un lieu qui sorte de l’ordinaire, un lieu extraordinaire, se laisser porter par l’ambiance, les odeurs et les couleurs, et goûter à tout ce que vos papilles ne connaissent pas encore !…

            L’Ain, des révélations croustillantes !…
 
 
Andrée et Armand 
 


Commentaires

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1. annielamarmotte  le 03-09-2008 à 12:32:02  (site)

bienvenue à ton blog

2. Perle-rousse  le 04-09-2008 à 07:47:23

Oh là là, quelles belles descriptions que celles que vous venez de faire ici. Je suis particulièrement ravie de redécouvrir un peu cette région où j'y ai vécu 2 toutes petites années.
En plus, vous êtes photo du jour, ce qui ne gâche rien !!!
Bonne continuation

3. vivrenotreamour  le 04-09-2008 à 08:21:09  (site)

bonjour félicitation et bien venus chez vef très bonne article a bientôt et bonne journée bis Patricia

4. sandy34  le 02-10-2008 à 17:15:06  (site)

très jolies tes photos,ça donne envie de visiter,bonne continuation

5. mcdu95  le 12-04-2009 à 22:35:26  (site)

bonsoir je te souhaite une bonne nuit joyeuse pâque
excuse moi je suis nouvelle je connais pas bien le site
amitié mc

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